Les Français et les Américains ont en commun une plus grande méfiance que d’autres à l’égard d’une libéralisation accrue des échanges, selon l’enquête d’opinion annuelle sur les perspectives du commerce et de réduction de la pauvreté publiée, lundi 4 décembre, par la fondation américaine German Marshall Fund (GMF).
Globalement, cette enquête témoigne d’un plus grand optimisme qu’en 2005 sur le plan économique dans sept pays (Allemagne, France, Italie, Pologne, Royaume-Uni, Slovaquie et Etats-Unis) et d’une moindre anxiété à l’égard de la mondialisation, sur laquelle s’étend toutefois une ombre chinoise.
Si 71 % des Américains et 75 % des Européens ont une vision positive du commerce international (contre 66 % et 67 % respectivement l’an dernier), l’opposition à une nouvelle libéralisation des échanges est particulièrement marquée en France (55 %) et aux Etats-Unis (31 %). Partout ailleurs, 73 % ou plus des personnes interrogées souhaitent un commerce plus libre, synonyme d’ouverture des marchés étrangers.
DESTRUCTION D’EMPLOIS
C’est aussi aux Etats-Unis et en France que l’hostilité aux investissements directs étrangers, suspectés de détruire des emplois, est la plus marquée, avec respectivement 38 % et 36 % d’opinions défavorables. Dans chacun des pays concernés, la vision de la mondialisation évolue positivement par rapport à 2005 : de 34 % à 49 % en Pologne, de 51 % à 61 % en Italie, de 46 % à 53 % en Allemagne, de 47 % à 53 % au Royaume-Uni, de 46 % à 52 % aux USA et même de 43 % à 47 % en France.
Toutefois, signale l’enquête, «près de 60 % des Américains et la moitié des Européens pensent qu’un commerce plus libre détruit d’avantage d’emplois qu’il n’en crée».
Sur la place de la Chine dans la mondialisation, Américains et Européens ont une vision commune : 59 % pensent que la croissance chinoise est une menace, les bas coûts de production chinois favorisant les délocalisations. 70 % des Français expriment cette crainte, devant les Polonais (67 %), les Italiens (66 %) et les Slovaques (65 %). Le Royaume-Uni est le seul pays où une majorité considère la Chine comme une aubaine plus que comme une menace.
L’enquête a été réalisée en septembre 2006 par TNS-Opinion pour le compte du GMF, en interrogeant dans chacun des sept pays quelque mille personnes âgées de 18 ans et plus.



