La colère francophone.

La plupart des négociateurs francophones l’affirment : ils ont fait des propositions constructives au formateur, qui n’en a pas tenu compte. Un de ces négociateurs tempère, toutefois : « C’est la première fois dans une négociation institutionnelle que nous nous retrouvons face à un parti, la N-VA, qui n’a plus la Belgique à son programme. Et cela pèse très lourd sur l’ambiance des discussions. Certains francophones se demandent si cela vaut encore la peine de rechercher un consensus. »

Que veulent MR et CDH ? S’accorder sur un programme socio-économique et des prévisions budgétaires à long terme avant de former un gouvernement disposant d’une majorité simple au parlement. « Les transferts de compétences aux Régions, nécessitant une majorité des 2/3, ce sera pour plus tard, enchaîne un négociateur, et nous aurions dans ce cas nos propres revendications, nécessitant aussi une majorité spéciale, or, conclut-il, les Flamands ont cherché à nous piéger en précipitant les choses. »

Piégés, les francophones ?

« Obsédé, explique l’un d’eux, par la majorité des 2/3, le camp flamand a volontairement dramatisé la situation, en nous imputant la responsabilité de la rupture. Ils nous reprochent de refuser leurs réformes, soi-disant destinées à améliorer le bien-être des gens mais ils n’ont, en réalité, en tête que la prospérité de la seule Flandre. Et le formateur n’est pas parvenu à calmer le jeu. »

Car la personnalité d’Yves Leterme pose manifestement problème aux francophones, sa gestion notariale et le manque de souffle de sa note, en particulier. « Il est très flamand, il ne saisit absolument pas les particularités du monde francophone. »

On reproche aussi au formateur sa timidité, son caractère introverti et son manque d’humour. « Voici Yves Leterme au pied du mur, dit un autre acteur francophone, c’est maintenant qu’il devrait manifester ses capacités de formateur et de rassembleur, proposer et trancher, or on ne le voit pas sortir du bois. »

Echaudés aussi, certains francophones, par le « manque de loyauté » de leurs contradicteurs flamands. Ceux-ci tiendraient pour acquis, par exemple, la scission de Bruxelles-Hal-Vilvorde alors que l’arrondissement fait précisément

font LE SOIR