139 DIES SENSE GOVERN A BÈLGICA .

A douze jours de la réunion de la commission de l’Intérieur de la Chambre sur les propositions de loi flamandes réclamant la scission de Bruxelles-Hal-Vilvorde et après plus de quatre mois de crise, comment pouvait-il en être autrement : la tension est à son comble, plus grand monde ne répond de Leterme Ier…

L’interview d’Olivier Maingain dans Le Soir vendredi, conditionnant la tenue de négociations institutionnelles à la nomination des bourgmestres dans la périphérie, a semé sa part de trouble. Dans la famille libérale nord-sud, comme dans l’Orange bleue.

Le ministre flamand de l’Intérieur, Marino Keulen (VLD) s’est hâté, vendredi matin, de réagir publiquement et sévèrement – son interview ci-dessous. Un signe. Son parti est sur les dents.

Secoué par les « affaires » (la démission de la ministre régionale Fientje Moerman, les inculpations à Malines…), le VLD se fait plus dur. Il se radicalise. Sur le socio-économique, l’objet (lourd) des négociations qui se déroulent en ce moment à la rue de la Loi, il veut obtenir des résultats tangibles : réduction des charges, flexibilité du marché du travail, compétitivité des entreprises, etc.

C’est le VLD qui, jeudi soir, a exigé d’Yves Leterme qu’il réécrive sa copie socio-économique ! Le VLD, toujours, qui veut, semble-t-il, accélérer le tempo sur le communautaire… Au CD&V, l’on confiait même vendredi en soirée que les libéraux flamands avaient posé une sorte d’ultimatum à Yves Leterme : se presser, ou s’en aller. Démentis tous azimuts. Mais ça sent le roussi.

Un quotidien au Nord, De Morgen, donnait l’Orange bleue pour morte vendredi, s’interrogeant juste : « Qui retirera la prise ? » Au fait : le VLD cherche-t-il des boucs émissaires ? En tout cas, le parti charge les bourgmestres de la périphérie, Olivier Maingain, mais aussi Joëlle Milquet, qui ne ferait rien que freiner les travaux à la table… En son sein cependant, les ténors libéraux nient catégoriquement vouloir faire capoter les négociations.

Quoi qu’il en soit, au milieu du jeu, Yves Leterme encaisse, plie. Ne rompt pas… Vendredi soir, des « réunions bilatérales » et autres groupes de travail ont continué d’œuvrer au chapitre socio-économique. Les négociateurs doivent se retrouver ce samedi, jusqu’en début d’après-midi et un certain Standard-Malines, en foot, qui va occuper Yves Leterme, Didier Reynders, Bart Somers. Les travaux reprendraient dimanche. Pour boucler le socio-économique, peut-être lundi ou mardi. Avant qu’Yves Leterme ne se relance dans des rencontres bilatérales sur les problèmes institutionnels. Et, pourquoi pas, ne convoque un conclave à part entière sur « le » sujet. Eprouvée après 139 jours de crise, l’Orange bleue a-t-elle encore le jus ?